Archives pour la catégorie Saint-Vincent de Paul

Les dernières religieuses de Saint-Vincent de Paul à Xhoffraix [témoignages]

C’est en 1869 que fut fondé le couvent des religieuses de Saint-Vincent de Paul à Xhoffraix grâce à une donation des époux Godefroid Villers-Doutrelepont de Malmedy.
Il se transforma ensuite en une école pour jeunes filles avant de devenir un home pour personnes âgées au tout début du siècle. Au total, 31 religieuses se sont succédées à Xhoffraix. La dernière Sœur faisant fonction était Sœur Palmassia, originaire de Weywertz. Elle a quitté les lieux en 1981.
En feuilletant l’ouvrage de J-L Palgen intitulé « Connaître Xhoffraix – Mont et Longfaye », on apprend qu’à l’origine, « le couvent devait être mis à disposition de trois Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul (dépendant de la Maison de Cologne) dont l’une serait institutrice, la deuxième en charge de l’ouvroir et la troisième visiterait les pauvres à domicile ».
Ces trois rôles ont été également assumés par les dernières religieuses, à savoir Sœur Anna, Sœur Secunda et Sœur Palmassia ; comme nous l’expliquent Madame V. et Madame W., soeurs de coeur depuis leur plus tendre enfance, dans cette courte séquence vidéo.

Sur les pas des dernières Soeurs à Xhoffraix from EPN M@lmedia on Vimeo.

D’autres photos/documents ont été commentés par Madame W. et Madame V. qui se sont improvisées historiennes en herbe le temps d’une matinée. Merci à elles et également au home Saint-Vincent de Paul pour nous avoir transmis ces traces du passé xhoffurlain. Dans la galerie qui suit, vous découvrirez le couvent au fil du temps: son presbytère, sa laiterie, ses églises et ses habitant(e)s…

La groumète, la recette et la tablette [mission de Madame V.]

Madame V. a les yeux qui brillent lorsqu’elle nous parle des « groumètes », nous avons l’eau à la bouche… Notre rôle se  limitera, par courriel, à exprimer la demande de Madame V. à un habitant du village, Marc Dewalque, boulanger à la retraite.  Sa réponse, retranscrite ci-dessous, contient toute l’architecture des pains qu’il fabriquait : la recette, l’esprit de la recette, le petit détail qui tue, les variantes….et la clé de voûte, la passion. N’hésitez pas à visiter son site en cliquant ici.

RECETTE

Pour 4 personnes
INGRÉDIENTS: 750 gr. de farine d’avoine
ou 750 gr. d’un mélange de 1/2 de froment et de sarrasin
ou 750 gr. d’un mélange de flocons d’avoine pré-trempés et d’un peu de farine de froment
35 dl. d’eau
10 gr. de sel
250 gr. de lard gras, c’est déjà pour une riche « groumète », cette quantité. Le lard sera fumé ou non-fumé suivant les goûts.
Il est possible de ne mettre que du saindoux, on en trouve encore facilement du bon à Montjoie dans les commerces.

FACULTATIF (c’est à dire au goût de chacun, et version enrichie de la recette originale)
100gr. d’oignons hachés fins
du lait à la place de l’eau (où un mélange eau/lait)
1 à 2 oeufs
MÉTHODE
 Faire cuire l’eau et le sel et éventuellement les oignons
 Dans les bouillonnements de l’eau qui cuit, « semer » doucement la farine.
 Arrêter de « semer » quand la louche tient droite dans le récipient.
 Faire fondre le lard et vider graisse fondue et crêtons sur le mélange.

L’ESPRIT DANS LEQUEL EST PENSÉ LA RECETTE
Il faut essayer d’obtenir de nos jours , ce que l’on aurait appelé autrefois, une plantureuse et riche « groumète ».
Si ce plat représentait la fête à table pour nos ancêtres, aujourd’hui on le rechercherait plus pour son authenticité, voire sa rusticité, c’est pour cette raison que le choix d’une farine ou mélange de farine est important, la qualité et la quantité de lard aussi.

C.U.F.D.P.D.Q.F.U.B.R. (= C’EST UNE FOULE DE PETITS DÉTAILS QUI FONT UNE BONNE RECETTE)
Chercher de la farine d’avoine, c’est celle qui convient le mieux (parce que généralement légèrement toastée), comme cela devient difficile à trouver dans le commerce, les propositions de mélange vu à ingrédients pourront donner le goût « terroir » à votre groumette.
Les ardennais du Luxembourg intègrent des oignons dans leur « groumote ». Pour eux, les oignons c’est la sauce des « groumettes ».
De notre côté, on disait plutôt que le graisse (le lard fondu), c’est l’âme des groumettes ». « Po fé dès bonès groumètes, i fâ ku lu pourcê bagne duvins », soit; « Pour faire des bonnes groumettes, il faut que le porc (lisez le lard) baigne dedans ».
Autrefois, les convives se dépêchaient d’arriver au fond du plat où toute la famille puisait, c’est là que se trouvait la graisse fondue du lard.
Bien sûr, chacun s’arrange à sa manière. Certains n’ont renseigné des ajouts de lait, d’oeuf et d’autres encore après avoir roulé des petites boules de pâte, font recuire recuire celle-ci à la manière des « knoudelles » dans l’eau salée, mais ce sont là des variantes récentes venues avec l’élévation du niveau de vie qui a toujours tendance à enrichir exagérément les plats traditionnels et leur faire perdre leurs originalités.
On peut chauffer les groumettes excédentaires dans une poêle pour souper ou encore au petit déjeuner, cette dernière pratique était courante autrefois. ©Marc Dewalque

Après la lecture du courriel, laissons lever la pâte, le temps pour M. Dewalque et nous-mêmes, de taquiner le cochon, tester les cuissons sans négliger la F.D.P.D.Q.F.U.B.R. pour ensuite nous retrouver.

La Fureur de lire, moment festif du projet « Papy Mamy surfeurs » , s’annonce plantureuse !

 

 

 

L’entreprise Nelles Frères [mission de Monsieur N.]

Monsieur N.
© EPN Malmédia

Monsieur N., né à Hunnange, a travaillé toute sa vie au sein de l’entreprise Nelles. Son souhait était de se (re)plonger dans l’histoire de l’entreprise malmédienne. Après quelques fouilles dans les archives de la bibliothèque, nous avons pu retrouver un livre consacré aux 50 ans de l’entreprise Nelles (fêtés le 26 mai 2012 à Xhoffraix), dont nous vous proposons ici quelques extraits sous format numérique. Ces images couchées sur le papier ou numérisées ont permis à l’ancien chef de chantier de communiquer son histoire.

Pour plus d’infos sur l’entreprise Nelles, n’hésitez pas à à visiter son site Internet.

a b c d e f g h i j1 j2 j3 j4 j5 j6 j7 j8 j9 k1 k2 k4 k5 k6 k7 k8 l1 l2 l3 l4 l5 l6 l7 l8 l9 m1 m2 m3 m4 m5 m6 m7 m8 m9 n z

Identités, jeux de lettres et de chance [atelier 4]

Comme lors des trois  ateliers précédents, l’animation est centrée sur l’identité de la personne pour favoriser le contact et la reconnaissance dans le groupe.

Au début de chaque atelier, les participants regardent les photos de l’atelier précédent, une discussion s’engage à propos des photos que l’on peut diffuser ou celles que l’on veut garder pour soi. Les premières notions juridiques de propriété et de droit de la personne sur la toile sont évoquées.

Une pratique courante sur internet consiste à s’identifier sous un pseudonyme. Le principe est inspiré par une certaine précaution,  nous faisons part aux participants de notre volonté, en tant qu’auteurs du blog,  d’éviter les écueils et d’adopter une écriture respectueuse et valorisante.

Un jeu est proposé dans lequel chacun expose aux autres les surnoms dont il a fait un jour l’objet.  Affectueux, humoristique, ce surnom est souvent lié à une caractéristique, plus ou moins personnelle.

Les surnoms prennent forment grâce aux lettres du Scrabble  ; les anecdotes, comme les lettres se relient les unes aux autres. Chacun essaie ensuite, avec plus ou moins d’assurance, d’apposer sa signature sur la tablette graphique.

Galeries photos : © EPN M@lmédia

– Home Saint-Vincent de Paul à Xhoffraix (5 juin)

-Résidence du Grand Fa (11 juin)

– Résidence des Arcades (12 juin)

Le jeu de lettres  nous emmène  sur la piste d’autres jeux, jeux de chance ou de stratégie…. ce qui  permet aux participants de passer un moment joyeux ensemble.

Tablette magique ? Nous y croyons presque, mais ce sont bien les participants qui font le jeu avec leur bonne humeur et leur énergie.

Une séance consacrée aux jeux sur tablette s’impose pour la suite.  Nous faisons un clin d’oeil à Pascal Deru  « Ce n’est pas posséder des jeux qui importe, c’est les mettre entre nous qui les rend féconds  » .

 

L’ancienne poste de Xhoffraix [mission de Madame W.]

Parmi la douzaine de curés qui se sont succédés à Xhoffraix, le curé Beckmann, en possession de la cure dès 1889,  a témoigné un attachement tout particulier à sa paroisse. Travailleur infatigable, il mit en place une coopérative agricole, une laiterie, ainsi que la distribution d’eau dans les trois villages.  Au début du vingtième siècle, Xhoffraix était éloigné de toutes communications et d’un accès difficile. Dès 1900, le Curé Beckmann, soucieux de construire de meilleures relations avec l’extérieur, dirigea lui-même un presbytère qui portait aussi les enseignes de la poste et du téléphone. Il obtint une malle-poste pour le transport des productions (airelles, myrtilles, lait…)  et, en même temps, pour faciliter le trajet des personnes âgées jusqu’à la ville.

© Malmedy-Folklore – Xhoffraix (1899 et vers 1918) avec notamment le presbytère et le bureau de poste

Madame W. habitait le dernier bureau de poste de Xhoffraix au 15, rue des Charmilles. Elle nous parle de son mari, J., facteur, qui effectuait la tournée du village, puis rentrait ouvrir le bureau situé dans la maison familiale.

Précédemment, le bureau était situé, juste en face, dans la maison des beaux-parents de Madame W. Aujourd’hui, un local utilisé comme débarras est toujours appelé « la poste » par les habitants du lieu.

 

Le Farfadet à Longfaye [mission de Madame V.]

Notre quête de souvenirs nous a emmenés dans le petit village de Longfaye, au restaurant Le Farfadet où Madame V. avait fêté un jeudi gras avec ses amies il y a quelques dizaines d’années.

un jeudi gras au farfadet

Les propriétaires (Denise et Ruddy Spoden) souhaitaient un nom pour leur restaurant autour de l’univers des nains. Celui-ci a été trouvé sur un t-shirt présent dans le catalogue de vente par correspondance d’une société bien connue.

Voici 3 ans, le restaurant a fermé ses portes et fait place désormais à un appartement à caractère rustique et campagnard.

Une vidéo-conférence reliant le home Saint-Vincent de Paul (Xhoffraix) au Farfadet a été réalisée, permettant ainsi à Madame V. de discuter avec Denise et Ruddy.

Par ailleurs, le trajet reliant la maison de repos au restaurant a été filmé par nos soins et a été visionné sur les tablettes.

Pour visiter le site Internet du Farfadet ou la page Facebook,  cliquez ICI ou LA.

On-off, premiers pas, premières pages [atelier 2]

Lors de la deuxième séance, les participants ont apporté une photo évoquant un souvenir ayant eu lieu sur le territoire de Waimes et Malmedy, ses villages ou dans une région plus ou moins proche. Ces documents, numérisés sur-le-champ  et visionnés en groupe,  constituent les premières pages du Carnet de souvenirs : une photo de famille, un moment de fête, le portrait d’un proche,…chacun raconte en toute liberté des petites choses bien précieuses.

Il s’agit d’une rencontre et d’un voyage singulier, un voyage de mémoire qui s’articule autour de souvenirs et qui commande, sur notre sollicitation, une action dans le présent. Ces commandes d’actions, nous avons convenu de les appeler « missions » : retrouver une maison d’enfance, un restaurant, une école, refaire un chemin tant de fois parcouru, prendre la photo qui a toujours manqué …

Concrètement, les participants produisent, avec notre aide, du contenu important pour eux, ce qui constitue ensuite une motivation à l’utilisation de la tablette ou l’ouverture des portes d’internet.

Pour conclure la séance, chacun fait ses premiers pas avec la tablette :  allumer-éteindre, ouvrir l’album-photo des lieux de naissance,  faire défiler les images, revenir en arrière, agrandir …. le tout dans une belle « application » et concentration et avec une facilité déconcertante.

Vous retrouverez les lieux de naissance et les missions  pointés sur un de nos outils récurrents d’animation : la carte du territoire.

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© EPN M@lmédia

 

Galeries photos : © EPN M@lmédia

– Résidence des Arcades (8 mai)

– Home Saint-Vincent de Paul à Xhoffraix (8 mai)

– Résidence du Grand Fa (21 mai)

Présentation, devinette et autoportrait [atelier 1]

24 avril, les ateliers démarrent !

Nous avons hâte de faire connaissance avec les personnes âgées et de faire un bout de chemin avec elles.

L’accueil qui nous est réservé par les institutions et les personnes est  tantôt chaleureux,  enjoué, tantôt interrogateur, dubitatif et curieux :  « Moi, l’informatique…. », « Je ne suis plus capable »…

Nous présenter, présenter le projet tel qu’il a été « imaginé », le contexte,  les autres participants,  … des petites étapes bien préparées avec l’idée de découvrir les attentes des personnes et de réveiller les envies oubliées, effacées. Ces envies, ou attentes, sont les fondements de notre travail d’animation.

Lors de cette première séance, par la voie du jeu, nous avons pu apprendre à connaître les personnes, amener les personnes à tenter de nouvelles expériences et découvrir rapidement par elles-mêmes de nouvelles aptitudes ou capacités.

Un jeu de devinettes a été proposé avec une table remplie d’objets reliés aux « nouvelles » technologies, à la communication, à l’information ou à la culture. Nous avons déniché des disques durs, vinyls, cadran téléphonique, liseuse, polaroid, livre, jeu ancien, portables, etc… les participants ont été encouragés à toucher, peser, sentir les objets, chercher des liens entre eux. Les questions et indices ont fusé et les participants ont émis de nombreux souvenirs  liés aux « nouvelles » technologies d’antan.

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© EPN M@lmédia

Chacun  a  utilisé, avec succès,  la tablette et réalisé une photo autoportrait. Le résultat nous a fait beaucoup rire mais nous appartient !

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© EPN M@lmédia

Nous repartons à la bibliothèque avec une multitude d’informations et une première mission : déplier la carte du territoire et réaliser un reportage-photo des lieux de naissance.

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© EPN M@lmédia

Galeries photos : © EPN M@lmédia

– Résidence des Arcades (24 avril)

– Home Saint-Vincent de Paul à Xhoffraix (24 avril)

– Résidence du Grand Fa (14 mai)

Le battement de cil d’une mamy

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© EPN M@lmédia

« Un battement d’ailes de papillon peut changer l’avenir. Que dire du battement de cil d’une mamy ou d’un papy quand il surfe, à petits pas, sur la vie ? C’est la grand-voile qu’il faut hisser dans le vent de l’enfance et des souvenirs. Une souris sort du petit tas de feuilles sèches, les images se lovent de l’autre côté des paupières, la mémoire se déroule bien plus vite qu’une barre de défilement, le curseur fouille le fond des poches et des tiroirs et pointe l’é-motion. La zone d’affichage est large au fond des yeux…. les touches directionnelles vers l’autre sont libres d’utilisation. Mamy choisit, Papy interagit… le lecteur devient auteur. Qu’est-ce que cela change, direz-vous ? »

Ces quelques lignes qui racontent l’essentiel du projet, l’ont inscrit de cette manière dans deux mouvements culturels importants : Je lis dans ma commune (avril 2014) et la Fureur de lire (octobre 2014). Les thématiques respectives des deux opérations  « Lectures en mouvement » et « Lectures en liberté » nous ont aidés à dessiner notre fil conducteur.

Le carnet de souvenirs

Le carnet de souvenirs que nous vous présentons sur ce blog est réalisé lors des animations et ateliers dans les résidences, avec l’aide des aînés, de leurs familles ou d’amis parfois.

Il s’agit d’une rencontre, de petits morceaux de vie partagés et livrés avec bonheur et émotion, souvent.

Partant de  leurs souvenirs, nos aînés nous offrent un voyage dans leurs parcours, leurs compétences, la réalisation ou la poursuite de leurs rêves…. Ils nous donnent cette chance.

Nous les écoutons et mettons à leur disposition  un panel d’outils comprenant notamment tablettes tactiles, scanner, appareils photos, ordinateurs, enregistreur sonore, etc. afin de construire progressivement une transmission, virtuelle grâce au blog et sous format papier pour le plaisir des sens.

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© EPN M@lmédia

Ce projet a été inspiré de nombreuses expériences et lectures dont En vélo Simone!.  Nous listons nos références sur la page Sources, inspirations et pistes