Tous les articles par Roseline

Souriez, vous n’êtes pas à un enterrement…

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« C’était un monde lumineux de femmes éclatantes, généreuses, aux souvenirs intenses »… voilà une réécriture contrastée des « femmes grises » de Pierre-Jean Remy qui traduit bien le regard subjectif que nous pourrions porter sur le groupe  des participants.

Pas moins de quarante femmes, éclatantes, généreuses, aux souvenirs intenses… nées entre 1920 et 1955. La doyenne a 94 ans et la plus jeune, 55 ans.  A elles se joignent de temps à autre trois hommes nés entre 1929 et 1932.

Comment dresser le portrait du groupe de participants, tous habitants d’une maison de retraite, sans tomber dans les stéréotypes alors que nous souhaitons rendre à chacun un visage, une voix, un pouvoir ? Pas simple…

« Souriez, vous n’êtes pas à un enterrement ! »  Dès notre arrivée, Madame R. donne le ton. Les moments qui suivent seront tour à tour attachants, confiants, comiques mais toujours francs et spontanés.

 

 

Les métiers d’autrefois et les « nouvelles » technologies [atelier]

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La vie professionnelle marque chacun d’entre nous. Nous avons pu tester un jeu publié par les Editions Wehrfritz et qui convient bien pour les personnes nées dans la première moitié du vingtième siècle. Le jeu  qui s’appelle « Damals Berufe : 1940-1970 » comprend de grandes cartes-photos qui représentent des scènes professionnelles d’autrefois et des cartes  de métiers. Le but du jeu est de faire correspondre les outils typiques, la personne dans une scène précise de la profession et sa production. Différentes possibilités de jeu peuvent être réalisées et complexifiées selon les groupes (séniors, enfants). Il s ‘agit moins de gagner que d’entraîner sa capacité d’association, communiquer des anecdotes amusantes, partager son savoir-faire, retrouver le nom des outils.  Nous prenons des leçons de vocabulaire en wallon !  Nous nous demandons quelle place tient aujourd’hui l’informatique dans les métiers de chacun ?

Inscrire ses souvenirs dans le présent

 

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© EPN M@lmédia

L’idée des ateliers numériques est de réaliser le carnet de souvenirs de nos aînés (voir le projet ici). Au fil des ateliers, des réunions,  les questions se posent : le passé passe-t-il vraiment ? comment le souvenir habite-t-il le présent  ? comment soude-t-il un groupe ?  comment permet-il aux participants de faire des projets ? que faisons-nous, animateurs, de cet énorme paquet cadeau ? quel est le rôle d’une bibliothèque dans la transmission ?

Nous ne pouvons pas faire l’impasse sur la philosophie du projet, les valeurs  de l’animation avec les personnes âgées, le « vivre ensemble ».  Les mouvements de la ligne du temps se jouent de nous, insufflent une dynamique, mettent le groupe en mouvement vers des projets : rédiger un journal, organiser une fête, intégrer les photos du passé dans le décor d’aujourd’hui… A notre tour, nous nous jouons de la ligne du temps ! Papy, mamy surfeurs surfent avant tout sur la vie…

Une école au bord du lac [mission de Madame T.]

Le barrage de Robertville  a été édifié sur la Warche entre  décembre 1925 et juillet 1929. Sa construction  destinée à alimenter la centrale hydroélectrique de Bévercé a bouleversé le site naturel et la vie du village.

Norbert Thunus évoque les habitations, les moulins, les chemins, les routes et les ponts engloutis dans son article « Sous les eaux du lac de Robertville » publié dans le tome 62 de la Revue « Malmedy-Folklore », p. 7-52.  Dans le même tome, Guy Lejoly  retrace en images toutes les étapes de la construction du barrage, p. 53-112.

Le lac de Robertville est devenu rapidement une destination de choix et  les propositions touristiques n’ont pas tardé à  se développer : hôtellerie, restaurant, pêche, natation, canotage, …

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© Madame T.

Du lit à la classe,  de la classe au lac, Madame T. n’avait qu’un plongeon à faire pour goûter aux plaisirs du savoir et de l’eau.  Elle habitait dans l’appartement situé au premier étage de l’école communale de Robertville. Ses parents y furent instituteurs depuis le printemps 1920 jusqu’en 1948 avant de migrer vers la ville.

© Madame T.

Pour Madame T., nous prenons quelques photos de l’école.

© EPN M@lmédia

Prête-moi ta plume [mission de Madame C.]

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© Madame C.,  ses cousines à l’école de Bellevaux

C’est la rentrée pour les papy et mamy surfeurs.   Les cahiers de brouillon, de style, de dictées ou de verbes apparus avec Jules Ferry sont au feu depuis belle lurette. Les tablettes ressemblent à s’y méprendre aux ardoises, en vogue au  dix-neuvième siècle. Les unes se transmettaient d’une génération à l’autre, les autres ne sont pas jetables, mais c’est tout comme.

Madame C. a craqué pour une tablette toute neuve. Quelle révolution dans les fournitures scolaires !   N’oublions pas de recharger les batteries avant de prendre le chemin des cours (petit clin d’oeil à Madame C.).

Créer son pêle-mêle [mission de Monsieur L.]

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© Monsieur L.

Les fêtes, anniversaires ou fêtes annuelles, sont des pêle-mêle vivants : chaque invité embellit l’événement. Les fêtes sont l’occasion de renouveler la décoration,  d’inviter des personnes extérieures, de partager un bon repas…

Voilà pourquoi Monsieur L.,  est particulièrement élégant et  aime que l’on s’attarde sur cette photo. Elle reflète l’esprit de fête et représente un moment privilégié entre tous les habitants du home, le personnel et les invités.

Créer son pêle-mêle ou sa galerie, que l’on passe du papier à la tablette ,  du mur qui lézarde à l’écran qui scintille, c’est , en déroulant le fil du temps, épingler les présents qui comptent, les garder près de soi, les faire revivre en toute liberté.

Des photos, encore et toujours [mission de Madame G.]

Le nom d’Outrewarche, petit village de la commune de Waimes, a pour origine (1443) sa situation géographique. Quant à son nom allemand « Spinne » , il désignerait les buissons de prunelliers ou d’aubépines qui abondaient dans le lieu.

Madame G. y a constitué tous ses albums : la famille sous toutes ses facettes.

Il n’est guère question de faire un choix. Au contraire, Madame G. veut  passionnément compléter, enrichir, créer de nouveaux albums. Madame G. aime poser et sans tablette de préférence…

Lançons la discussion : faut-il tout numériser, partager, dans quels espaces de mémoire ? Quelles traces souhaitons-nous donner à lire sur le web ?

 

© Madame G.

Le temps des copines [mission de Madame T.]

Madame T. habitait la rue du Moulin à Verviers où était établi le siège de l’entreprise de construction de son père. Elle fréquentait en ce temps-là l’Ecole moyenne de Verviers. Le temps des copines, c’est pour Madame T.,  quelque chose dont elle se souvient avec plaisir  : les rires, les confidences, les amitiés entre filles.

Nous avons poussé la porte de l’école verviétoise.  Un arbre grandit, aucune craie ne crisse plus.  Le temps, grand pédagogue, est devenu maître des lieux. Une bibliothèque, collectionneuse d’histoires fantômes, nous défie. Elle nous fait croire qu’elle est vierge de toute page.

Alors, en lecteurs effrontés du présent, en maraudeurs d’interdits,  nous « volons » des images  et nous recréons un univers, sous l’immense verrière, bien à l’abri de la voûte des  souvenirs de Madame T.

© EPN M@lmédia

Nous découvrons ensemble le travail et le reportage de Vincent MICHEL (alias Photographe-Runner)

Poussière d’étoile [mission de Madame R.]

Faire le tour du monde en chansons, c’est tellement simple avec une tablette et une connexion Internet . Nous passons les chansons que les participants nous suggèrent : les airs populaires du carnaval de Malmedy,  » « La ballade des gens heureux », « Salade de fruits », « C’est magnifique », « Jolie môme », « Les roses blanches », « Le plus beau tango du monde », « Petit papa Noël »…   les titres s’enchaînent. Juke-box party !

Contrairement au dicton, beaucoup de paroles sont restées, presqu’intactes dans la mémoire. Fredonnées  de concert par les participants,  les chansons ne manquent absolument pas d’airs.

Madame R., originaire de Bruxelles,  nous embarque pour l’Amérique, les standards du jazz, les poussières d’étoiles…
Though I dream in vain
In my heart it will remain
My stardust melody
The memory of love’s refrain…

Pour lire les paroles : Hoagy Carmichael – Stardust Lyrics | MetroLyrics

Chanson originale de Hoagy Carmichael

Où est le piano ? Une bonne note est attribuée à la première personne qui ouvre l’application !  Pianoter pour s’amuser, perfectionner ses bases musicales,  apprendre à jouer un instrument qu’on n’a jamais eu la chance de posséder, reproduire des chansons… la tablette et la musique se marient bien  tout comme la culture des villes et des champs.

Un bourgmestre et un notaire parmi d’autres [mission de Madame J.]

 

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© EPN M@lmédia

L’hôtel de Ville de Malmedy expose les portraits photographiques des bourgmestres qui ont assumé cette fonction au sein de la ville ou des villages jusqu’à la fusion des communes. Parmi eux,  ce n’est pas Madame J. que nous cherchons :  jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas de représentante féminine parmi les heureux élus… Qu’à cela ne tienne, nous sommes sur les traces professionnelles de Madame J.,  et nous cherchons à croiser le regard d’un homme apprécié, que l’on dit  avoir  excellé dans l’art du compromis, Monsieur Joseph Cerexhe. Nous voulons mettre une image sur un nom.

Dès 1946, Monsieur Cerexhe endossa les fonctions politiques. Tour à tour conseiller communal, échevin de l’instruction publique, conseiller provincial, il resta bourgmestre jusqu’à la fusion des communes en 1977.

Pour la petite histoire, aux élections de 1970, les programmes annonçaient la construction du home de retraite face au Parc Marie-Anne Libert.

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© EPN M@lmédia

Originaire du Pays d’Aubel où il passa sa jeunesse, Joseph Cerexhe (1901-1982) étudia le droit et le notariat à l’Université de Liège et officia successivement à Aubel et Malmedy. Nous croyons déceler un petit brin de nostalgie quand Madame J. évoque son travail  de secrétariat à l’étude de Monsieur Cerexhe reprise aujourd’hui par Monsieur Erwin Maraite.